Extrait article "l'Express" sur l'Hypnose

 

L'hypnose, solution miracle pour arrêter de fumer?

Marina Rafenberg, publié le 23/01/2012

 

Selon une étude américaine rendue publique le 9 janvier, les patchs et pâtes à mâcher à la nicotine seraient inefficaces pour aider les fumeurs à renoncer durablement à la cigarette. Ce constat relance le débat sur une autre méthode contestée: l'hypnose. 

C'est l'histoire banale d'une fumeuse qui s'est "débarrassé de la clope" de manière peu banale: en consultant une hypnothérapeute. Depuis ce jour d'octobre 2011, Laetitia, jeune maman de 27 ans qui suit un Master de recherche en art à la Sorbonne, dit se sentir "libre". Pas une fois, elle n'a pas eu l'envie d'accompagner son café de la cigarette habituelle. Aujourd'hui encore, elle a le sourire aux lèvres  quand elle revient sur son parcours et sa manière, si particulière, d'en finir avec douze années de dépendance: "j'avais tout essayé pour arrêter: les patchs, et toutes sortes de substituts nicotiniques. Et là en une séance d'une heure, j'ai enfin trouvé la solution pour m'en sortir".  

 

Entrave à la progression de l'hypnose

Cette thérapie peine à s'imposer comme un traitement légitime. Pour  Jean- Marc Bernhaeim, cela s'explique en partie par l'absence d'études d'envergure: "les laboratoires ne nous soutiennent pas. Comme on n'a rien à vendre, personne ne veut financer nos études". Et Théry Thomas d'ajouter, plus offensive encore: "si les patients allaient voir des hypnothérapeutes,  les médicaments substituts nicotiniques n'auraient plus d'adeptes. Voilà pourquoi les lobbies pharmaceutiques ne veulent pas  que des études sur l'efficacité de l'hypnose soient publiées".  

 En France, le marché du sevrage représente, à lui seul, près de 125 millions d'euros par an, selon le consultant Nielsen. Ces médicaments sont plus facilement acceptés que l'hypnose par le monde médical mais, dans certains cas, ils s'avèrent plus risqués qu'une séance d'hypnose... Des produits comme le Zyban (GlaxoSmithKline) ou le Champix (Pfizer), succès commerciaux,  ont été mis sur la liste des médicaments à surveillance renforcée.  

Malgré tous ces obstacles, les hypnothérapeutes voient toujours dans l'hypnose un traitement d'avenir.  Jean-Marc Benhaeim pense qu'elle permet de "réhumaniser les patients", "de les traiter autrement et de les faire devenir acteurs de leur changement". Dans le traitement de la douleur, elle a su convaincre les médecins, et fait son entrée dans les blocs opératoires. Dans le traitement des addictions, elle continue de questionner la médecine... Pour combien de temps ?

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